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Musique : Tendance urbaine : La jeunesse prend le pouvoir

Le contexte. La vague musicale dans laquelle s’entrecroisent divers codes, rythmes patrimoniaux, traditionnels et modernes, fait recette.



C’est l’un des genres les plus dynamiques du moment. Un exercice de classement des musiciens qui comptent, en 2018, sur le triangle national, fait régulièrement apparaître des artistes produisant des musiques urbaines relate CT.

Sons frais et enlevés, ces dernières ne se sont jamais aussi bien portées. Tant au niveau du public que sur les différentes plateformes de diffusion : chaînes de radio, télévision, blogs, websites, webradios, podcasts, réseaux sociaux et autres applications.

Se jouant des frontières entre les genres musicaux traditionnels ou codifiés, les artistes qui portent les musiques urbaines au Cameroun semblent avoir trouvé la recette pour les populariser. Au point de convaincre le public de les suivre dans cette voie. Grâce à un travail plus soigné, ils gagnent davantage de territoires à l’international. « Notre marque de fabrique est d’utiliser sans distinction toutes les langues parlées au Cameroun.

On peut prendre un mot chez les bamilékés à l’Ouest et lui donner du sens dans tout le pays, chez les anglophones ou chez les francophones. On utilise une culture globale, un dictionnaire qui va au-delà de l’anglais, du français ou même du pidgin. On doit être capable d’exprimer des émotions dans n’importe quelle langue.

C’est une question d’authenticité, d’originalité et de rejet du tribalisme », expliquait récemment Jovi dans une interview à un confrère. Ses sonorités faites de mélanges de makossa, ésséwé, bikutsi adossés sur des instruments bantous, des samples et électro le distinguent. Les références linguistiques –pidgin, camfranglais et diverses langues vernaculaires- de cet artiste et ses semblables produisent des résultats efficaces.

Le réceptif du public, pourtant très exigeant, est un indicateur non négligeable. Séduits, les jeunes par exemple ne cessent d’intégrer les éléments de langage de ces artistes dans leurs façons de parler. Ainsi « Ca sort comme ça sort » de Maahlox, «… dans la sauce » extrait de « Le piment dans la sauce » de Reniss, « Tu dors ta vie dort » de Janea Pol’Anrhy, « les beaux jours sont rares » tiré du titre « Kabangondo » de Tenor. Clair que ces artistes très inspirés en termes de saillies alimentent le parler populaire de l’heure.

Et que dire des thématiques traitées dans ces opus ? Au départ, certaines ont été étiquetées triviales, allant à l’encontre du bon goût et de la bienséance. Mais, les artistes s’inspirent de tout, essentiellement de leur environnement.

Moeurs, vie dans les quartiers populeux, relations hommes – femmes, conflits de générations, dichotomie pauvres – riches, immigration, vie sentimentale… les sujets sont variés. Mais, très peu de consommateurs prêtent réellement attention à cet aspect. D’où la vacuité de certains textes.

Yvette MBASSI-BIKELE
 

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